Scandale chez Niantic : Discrimination salariale et sexisme révélés

Scandale chez Niantic : une employée dénonce la discrimination sexuelle et les écarts de salaires

Une plainte déposée contre Niantic

Vendredi dernier, un ancien employé de Niantic a porté plainte contre la société de jeux en réalité augmentée, accusant l’entreprise de dévaloriser le travail des employées et des femmes de couleur, ainsi que de refuser l’égalité de rémunération. Cette action en justice, qui vise à obtenir le statut de recours collectif, met en lumière la création d’un prétendu “club de garçons” au sein de Niantic. L’employé en question a été licencié lors des récentes suppressions de postes qui ont touché environ 230 employés.

Des écarts de salaires injustifiés

L’employée, surnommée Jane Doe dans la plainte pour préserver son anonymat, est décrite comme une femme asiatique. Elle a rejoint Niantic en février 2020 avec un salaire de 70 000 $. Par la suite, elle a été promue et a bénéficié d’une augmentation pour atteindre environ 84 000 $. Cependant, en 2021, elle a découvert que son collègue masculin, malgré un titre et des responsabilités inférieurs, était mieux rémunéré qu’elle. Alors qu’elle occupait un poste de niveau supérieur, elle a été payée 105 000 $ par an, tandis que son collègue masculin percevait 127 000 $ par an. Même après avoir reçu une augmentation au printemps 2023, son salaire de 115 000 $ par an restait inférieur à celui de son collègue masculin.

En outre, l’employée a découvert que son salaire était inférieur de plus de 10 000 $ par rapport à l’échelle salariale de son poste. Niantic, conformément à une loi sur la transparence des salaires, était tenu de partager les échelles de rémunération dans les offres d’emploi, et elle a constaté que son salaire était nettement en deçà de la fourchette indiquée.

Des préoccupations soulevées mais ignorées

L’employée a partagé ses préoccupations avec d’autres collègues, et le sexisme et l’inégalité de rémunération ont été discutés au sein du groupe de ressources pour les femmes de l’entreprise, appelé Wolfpack. Cependant, lorsque l’employée a exprimé ses inquiétudes au directeur de l’équité et de l’inclusion de la diversité ainsi qu’au partenaire principal des ressources humaines de Niantic, ils ont simplement “clarifié” que la direction de l’entreprise et eux-mêmes étaient hostiles à ses plaintes. Ils ont exprimé des inquiétudes quant aux accusations de sexisme sur le lieu de travail.

Pire encore, lors d’une réunion, les dirigeants ont affirmé que les évaluations de poste de l’employée avaient été influencées par ses discussions sur les problèmes du lieu de travail avec ses collègues. Ils ont soutenu que sa rémunération était inférieure à la fourchette car elle avait partagé ses préoccupations avec d’autres employés. Craignant de nuire à Wolfpack et à elle-même, l’employée s’est rapidement retirée du groupe.

Une culture de travail sexiste dénoncée

Une enquête menée par Wolfpack a révélé cette année que de nombreuses employées considéraient Niantic comme une entreprise où règne une culture de travail sexiste désavantageant les femmes. La majorité des répondants ont exprimé des inquiétudes quant à l’égalité de rémunération chez Niantic. Lorsque les résultats de l’enquête ont été portés à l’attention de la direction, Mike Quigley, directeur du marketing de Niantic, a demandé à Wolfpack de supprimer toute mention du “club de garçons” et des commentaires similaires sur le sexisme lors de la présentation des résultats de l’enquête aux membres du groupe. De plus, il a été indiqué que le groupe ne pouvait pas interroger les employés sans l’approbation de la haute direction.

Jusqu’à présent, Niantic n’a pas répondu à la demande de commentaire concernant cette affaire.

Une série d’accusations dans l’industrie du jeu

Ce procès contre Niantic s’inscrit dans une série d’actions en justice visant de grandes entreprises de jeux vidéo, notamment Activision Blizzard, poursuivie par l’État de Californie en 2021 pour avoir favorisé une culture de “harcèlement sexuel constant”, et Riot Games, qui a annoncé en cette même année un règlement de 100 millions de dollars dans le cadre d’un procès pour discrimination sexuelle.

Au milieu de ces controverses, le PDG de Niantic, John Hanke, a récemment réaffirmé l’importance accordée par l’entreprise à Pokémon Go, son produit phare. Niantic a rencontré des difficultés pour trouver son prochain grand succès, en fermant notamment les jeux basés sur Harry Potter, Catane, et plus récemment, son jeu NBA.

Source : article publié sur The Verge

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