Genshin Impact : La victoire de miHoYo contre un fournisseur d’IA contrefacteur à Shanghai
Le tribunal populaire du district de Pudong à Shanghai a récemment statué en faveur de miHoYo, le développeur de Genshin Impact, condamnant un prestataire de services d’IA à verser 750 000 yuan (environ 112 000 USD) pour utilisation non autorisée des voix des personnages du jeu. Cette décision, rendue le 30 juin 2023, soulève des questions importantes sur la protection des droits d’auteur dans le secteur technologique.
- Le tribunal a condamné un prestataire d’IA à payer 750 000 yuan à miHoYo. Cette décision vise des violations liées à l’utilisation des voix de personnages de Genshin Impact.
- Le fournisseur d’IA avait reproduit les voix de 63 personnages du jeu sans autorisation. Cela incluait la vente de packs vocaux et la publication de contenu promotionnel avec des images du jeu.
- Le jugement a été confirmé après le retrait de l’appel par la partie défenderesse. MiHoYo souhaitait initialement 5 millions de yuan en dommages et intérêts.
- La décision met en lumière les défis liés à la contrefaçon dans l’ère de l’IA et la nécessité de réglementations sur les droits d’auteur.
Le tribunal a conclu que le fournisseur d’IA avait violé le droit d’auteur et commis une concurrence déloyale en reproduisant des éléments spécifiques du jeu. Des analyses vocales ont montré que les caractéristiques sonores des services d’IA étaient “quasiment identiques” à celles des personnages du jeu. De plus, le prestataire a reconnu en audience avoir mixé des enregistrements vocaux protégés pour entraîner son modèle de conversion vocale, ce qui a renforcé la position de miHoYo.
Cette décision pourrait établir un précédent majeur concernant l’utilisation non autorisée de créations audiovisuelles dans le contexte croissant des technologies d’IA. En effet, le tribunal a affirmé que les voix des personnages de Genshin Impact constituaient une marque distinctive, permettant aux consommateurs d’identifier la source de ces caractères. La contrefaçon n’a pas seulement été jugée sur le plan de la propriété intellectuelle, mais aussi sur celui de la qualité et de la réputation des produits.
La situation soulève des interrogations sur l’avenir de la réglementation des droits d’auteur face à l’innovation rapide des technologies basées sur l’intelligence artificielle. La réaction de l’industrie, ainsi que la nécessité de lignes directrices claires dans des pays comme le Japon, a été soulignée par des figures du secteur, comme l’actrice Megumi Ogata, qui s’est dite “heartbroken” devant ces dérives technologiques.
La décision du tribunal de Shanghai pourrait ainsi transformer les dynamiques entre créateurs de contenu et fournisseurs de technologies d’IA, en incitant à une prise de conscience accrue autour de la protection des droits d’auteur et de la concurrence loyale dans le domaine numérique.




